L'état de la conduite autonome en 2026Derrière l'échelle SAE, le paysage réel s'est clarifié, autour de deux paris opposés. Waymo (filiale d'Alphabet) est nettement en tête : fin septembre 2026, ses taxis sans chauffeur (niveau 4) desservent 14 villes américaines en conduite entièrement autonome (Las Vegas depuis le 8 juillet 2026 ; Denver, San Diego et Tampa depuis le 1er septembre 2026) et assurent plus d'un demi-million de courses payantes par semaine (dernier chiffre officiel ; le million visé pour fin 2026 reste un objectif). À l'international, Waymo a annoncé en septembre 2026 un partenariat d'assurance avec Allianz pour ses premiers marchés européens, Londres et Munich, ainsi qu'un accord avec les autorités de Singapour (lancement commercial public visé en 2028). Selon le bilan publié par Waymo le 24 septembre 2026, qui porte sur 270 millions de miles autonomes, ses véhicules connaissent 82 % d'accidents avec blessés en moins que des conducteurs humains (chiffre de l'entreprise). Sa recette : une combinaison coûteuse de lidars, radars et caméras, des cartes haute définition de chaque rue, et une extension prudente, ville par ville. Tesla fait le pari inverse : des caméras seules et un apprentissage massif à partir des données de sa flotte, dans l'espoir d'une autonomie généralisable partout (et, à terme, de transformer les voitures des particuliers en taxis) ; son service de robotaxis, lancé à Austin en 2025, reste à ce jour bien plus modeste en taille et en zone couverte. Depuis l'été 2026, Tesla exploite des robotaxis sans superviseur à bord dans six villes du Texas et de Floride (Austin, Dallas, Houston, Miami, Orlando, Tampa), la baie de San Francisco conservant un conducteur de sécurité, et déclare 1 million de miles parcourus sans supervision (chiffre de l'entreprise). Le Cybercab, biplace sans volant ni pédales, a rejoint la flotte à Austin le 3 septembre 2026 ; le même jour, la NHTSA (l'autorité américaine de sécurité routière) a ouvert un audit sur la façon dont Tesla a auto-certifié ce véhicule sans commandes manuelles. D'autres entrent dans la course (Zoox, filiale d'Amazon ; Uber, qui intègre des véhicules autonomes ; des acteurs chinois comme Baidu, Pony.ai ou WeRide, ce dernier déclarant environ 3 400 véhicules autonomes de niveau 4 au 31 juillet 2026 et une présence dans 13 pays). Le verdict provisoire : la faisabilité du niveau 4 en zone urbaine délimitée est prouvée, mais le passage à l'échelle bute sur la longue traîne (les situations rares), sur la réglementation locale et sur la confiance du public, que le moindre accident remet en jeu.